Apple a menacé de supprimer l’application Uber – (lefigaro.fr)

Uber s’enlise un peu plus dans le scandale, alors qu’une enquête du New York Times révèle la face sombre de son patron, prêt à des pratiques controversées pour assurer la réussite de son entreprise.

Même le patron multimillionnaire d’Uber passe de sales quarts d’heure. Début 2015, Travis Kalanick s’est fait remonter les bretelles par Tim Cook, PDG d’Apple. Plusieurs témoins ont vu le fringant quarantenaire ressortir blème de cet entretien où l’application Uber a bien failli être définitivement exclue de l’App Store, et donc privée d’un marché de plusieurs centaines de millions d’utilisateurs. En cause, une énième infraction aux règles de la part d’un entrepreneur aimant jouer avec le feu au point de risquer de se brûler, comme le rapporte une longue enquête du New York Times. Uber a ainsi pisté durant plusieurs mois les iPhone de ses utilisateurs – y compris ceux qui avaient supprimé l’application – alors que la pratique est formellement interdite par Apple. Travis Kalanick a même demandé à ses employés d’établir une ruse pour éviter de se faire épingler par les ingénieurs de Cupertino, jusqu’à ce que Tim Cook découvre le pot aux roses.

«Nous ne surveillons absolument pas les utilisateurs individuels ou leur emplacement s’ils ont supprimé l’application», a déclaré un porte-parole d’Uber auprès du site The Verge, au sujet de ces accusations. L’entreprise se range derrière la lutte contre l’usurpation d’identité et la fraude bancaire pour justifier un dispositif encore partiellement à l’œuvre, selon TechCrunch.

Espionner les ingénieurs d’Apple

Selon l’enquête du New York Times, Travis Kalanick a pris la décision de duper Apple en 2014, alors qu’Uber était confronté à un phénomène de fraude massive en Chine. Des chauffeurs y utilisaient des iPhone d’occasion pour commander des Uber à partir des comptes des anciens propriétaires des appareils. Pour y remédier, les ingénieurs d’Uber ont trouvé la parade : ajouter un petit bout de code dans leur application afin de reconnaître les iPhone, une pratique appelée «fingerprinting». Uber pouvait alors identifier un appareil, même lorsque son ancien propriétaire avait souhaité effacer ses données ou l’application.

Seul problème: la pratique est interdite par Apple, qui estime qu’elle contrevient à sa politique de protection de la . Travis Kalanick a donc demandé à ses ingénieurs de «géoficher» le siège d’Apple à Cupertino, en Californie, c’est-à-dire d’identifier les personnes qui examinent le logiciel d’Uber dans un endroit précis via leurs traces numériques. Uber modifiait ensuite son code pour les personnes localisées dans cette zone afin de leur cacher ces pratiques. La supercherie n’a pas fonctionné longtemps, et les ingénieurs d’Apple ont incité leur PDG à convoquer directement le responsable, Travis Kalanick.

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